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Carrière des "A" :
+152 END depuis 1997 !
Nous avons demandé à M. GRIFFO quel était actuellement
"le nombre d'experts nationaux détachés (END) en fonction au
SGC et sur quels postes". Nous sommes satisfaits de la rapidité de
sa réponse. Sur le fond, la FFPE a pris la décision de demander
une concertation pour les deux raisons suivantes : M. GRIFFO nous informe
qu'il prépare une décision destinée à recruter
n'importe quel END dans n'importe quel domaine alors qu'il ne nous met pas en
mesure de savoir sur quels postes de travail précis les END sont
affectés.
En ce qui concerne le nombre, la réponse est édifiante :
152 END sont actuellement en poste !
Pour mémoire, un END est un fonctionnaire national qui fait le
travail d'un "A", en étant rémunéré par
son Etat membre (sa rémunération est complétée par
une indemnité de 104 euros par jour à charge du Conseil pour la
rendre équivalente à celle d'un fonctionnaire "A"). En
résumé et pour 2002, les tâches de fonction publique
communautaire d'encadrement sont exercées au Conseil par 358
fonctionnaires communautaires "A" (emplois permanents du tableau des
effectifs), 30 agents temporaires "A" (au tableau des effectifs) et
152 fonctionnaires nationaux hors tableau des effectifs.
Certes, nous reconnaissons que 124 END relèvent de l'Etat-major
militaire et que l'AIPN a obtenu la création d'emplois
budgétaires de fonctionnaires A dans une conjoncture budgétaire
difficile.
Toutefois, la FFPE est très préoccupée de la
dérive. L'AIPN doit nous démontrer qu'elle n'a pas accepté
dans un passé récent de nouvelles tâches pour qu'elles
soient immédiatement et en totalité confiées à des
fonctionnaires nationaux, sans même demander qu'elles soient
accompagnées des postes budgétaires de fonctionnaires
communautaires ou d'agents temporaires.
Nous estimons, en effet, que lorsqu'une institution est en croissance, comme
c'est le cas du Conseil, il faut partager équitablement les fruits de la
croissance. Le sentiment qui prévaut aujourd'hui parmi les "A"
est que tout a été donné aux fonctionnaires nationaux et
presque rien n'a été donné aux fonctionnaires
communautaires en place, du fait que les Etats membres nous ont imposé
les tâches et se sont gardé les postes de travail. La pyramide
des fonctionnaires communautaires ne s'est pas suffisamment élargie
à la base, elle est restée globalement stable, privant ainsi les
fonctionnaires communautaires de catégorie A en place des perspectives
de carrières auxquelles ils auraient pu prétendre si la pyramide
avait été augmentée correctement. Chacun sait que, sur
une longue période, lorsqu'on fait doubler de volume une pyramide de 100
A7/A6 et 50 A3, elle devient une pyramide de 200 A7/A6 et 100 A3. Les A7 voient
leurs perspectives de carrière augmenter par la seule augmentation du
volume : ils bénéficient des fruits de la croissance.
Il semble qu'au lieu de faire croître la pyramide, l'AIPN l'ait au
contraire maintenue inchangée, l'ait couverte d'une couche
"END" puisqu'elle nous dit aujourd'hui "Ne vous inquiétez
pas, ces END ne bloquent pas la catégorie A du fait qu'ils n'occupent
pas de postes budgétaires".
Pour nous, là n'est pas la question : avant de renoncer à
créer des emplois budgétaires, il aurait fallu d'abord
démontrer que toutes les tâches des END sont différentes et
spécifiques et qu'elles ne pourraient pas être exercées par
des fonctionnaires communautaires. Sur ce point, nous avons des doutes.
Même si l'on retranche les 124 END militaires des 152 END au total,
à qui faire croire que sur les 28 postes de travail "civils"
restants (JAI, DGE), aucun ne correspond à des tâches
d'organisation "classiques" qui pourraient être exercées
par des fonctionnaires communautaires A ?
Rien ne semble avoir été planifié : depuis 1997, date
de la décision JAI, le Secrétariat du Conseil a
créé 152 postes d'END. Pourquoi ne pas avoir planifié
à la place 100 postes d'END et 50 emplois budgétaires de
fonctionnaires pour les tâches classiques d'organisation et de
secrétariat ?
Le pire est à venir
Dans sa réponse, l'administration nous informe qu'elle envisage de
soumettre au Conseil la décision de remplacer les 4 décisions
spécifiques qui ont permis d'en arriver là (deux décisions
"JAI", une décision "PESC" et une décison
"Etat-major") par une décision unique qui permettra de
recruter n'importe quel END dans n'importe quel domaine.
Bientôt 300, 400 ou 500 END ? Bientôt des END dans toutes les
DG ? Le Conseil n'est pas la Commission ! Notre petite taille et la
proximité des Etats membres exigent la plus grande vigilance.
La FFPE considère donc qu'une réflexion s'impose. La FFPE est
consciente que le recours aux fonctionnaires nationaux est inévitable
dans certains secteurs. Mais tant qu'il ne sera pas démontré que
tous les END en poste au Conseil exercent et exerceront des tâches qui ne
pourraient être assumées par des fonctionnaires de
catégorie A, nous refusons une décision générale.
Nous avons donc demandé une concertation avec l'AIPN, qui devrait
d'abord porter sur l'impact d'une telle décision, d'autant que s'annonce
la création d'un secrétariat "particulier" d'une
présidence réformée.
Nous refusons le démantèlement d'une Fonction publique
communautaire permanente et indépendante, que ce
démantèlement soit fait par la modification du statut telle que
proposée par la Commission ou, ce qui serait aussi grave, qu'il soit
fait en dehors du statut au Secrétariat général du
Conseil.
Le Comité FFPE-Conseil
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